| Nouvelle centralité de BB : Une gageure toujours d'actualité |
| Écrit par Frédéric.G |
A propos de la « NOUVELLE CENTRALITE » Les villages ruraux, face à l’étalement urbain qui parfois les touche, réhabilitent fièrement leurs bourgs, véritables cœurs de vie de ces petites localités. « Gardons l’esprit village » déclarait Alain PERONNAU dans Sud-Ouest du 3 novembre 2000. Fusionnés en 1974 par ce dernier, Belin et Béliet constituaient alors une commune atypique, avec deux bourgs indépendants. Près de 30 ans plus tard, « sous la pression inquiétante des lotisseurs et constructeurs» (SO du 4/11/03, CR de conseil municipal), voilà que s’est fait jour la notion de « jonction entre les deux centres-villes » (SO du 23/12/04 – Bilan à mi-mandat), puis l’apparition d’un concept inédit de « nouvelle centralité » (SO du 29 mars 2005) développé dans les documents de la municipalité (BB Infos n°28 et n°29) et dans le PADD (*).  Cette mutation sans retour possible, a fait, et fait encore couler beaucoup d’encre. Elle a été l’objet de nombreuses prises de parole. Et pour cause ! L’origine de ce projet privé est fondé sur une opportunité d’envergure (6,5 ha) et n’a pas été anticipé par la collectivité. Le nouvel agencement de cet espace stratégique entre les deux bourgs  est maîtrisé quasi-exclusivement par le lotisseur, et très peu par la municipalité qui agit uniquement sur les marges. Les négociations entre les promoteurs et les porteurs de projets de surfaces commerciales n’ont également abouti que très tardivement. Cette nouvelle centralité, sa forme, sa structuration, son aménagement, son cadre rural, au bénéfice du plus grand nombre dans l’esprit d’un « véritable centre ville » s’évanouirait-elle ?  Le Chari vari a voulu faire le point sur ce sujet majeur. Au-delà d’une volonté de remettre en mémoire les phases d’un passé récent, le travail d’investigation que nous avons mené ces derniers mois souhaite mettre en lumière les intentions annoncées, les déclarations et les faits, face à des réalités constatées et des confusions certaines. En l’absence d’un débat collectif et fidèle aux valeurs qui l’animent, le Chari Vari veut donner à travers ce dossier des éléments pour forger le regard de chacun.  * Projet d’Aménagement et de Développement Durable (document primaire au PLU)  A propos de la « NOUVELLE CENTRALITE » Historique du site :Les Etablissements Roger DELAGE. Vous connaissiez ?  Le lieu-dit La Mousseigne, rebaptisé par erreur Monseigne, est jusque dans les années trente, une zone de prés et de petits champs de maïs appartenant à plusieurs habitants du bourg de Béliet. Roger Delage, marchand de vin et propriétaire de pins à Belin dirige également une exploitation forestière avec des scieries mobiles. A cette époque, le principal débouché du bois de pin est la vente de traverses de chemin de fer et de poteaux de mine, principalement pour l’Angleterre. En 1934, Roger Delage décide de faire construire une fabrique de caisses sur des terrains de la Mousseigne qui appartiennent à la famille de son épouse et qui ont l’avantage d’être près de la gare. En 1941 il étend ses activités en créant avec son gendre René Ducaud-Saumande, ancien sous-préfet, la SARL des Etablissements Roger Delage, exploitation forestière, caisses et parquets dont le siège sera à Belin et les bâtiments d’exploitation à cheval sur les deux communes. La parqueterie est une usine ultramoderne, la plus perfectionnée du Sud-Ouest. Elle est desservie par un embranchement ferroviaire. Une centrale électrique brûle les déchets de bois et fournit une partie de l’énergie nécessaire à l’usine qui malheureusement sera détruite par un incendie en décembre 1948. En 1949-50, elle sera reconstruite et agrandie, avec des bureaux, deux logements d'ouvriers, une cantine, une coopérative, mais aussi le premier séchoir à bois de la région. Elle occupe à cette époque environ 250 personnes. Roger Delage, maire de Belin depuis 1935 laisse alors totalement l’usine sous la responsabilité de René Ducaud-Saumande. Les investissements liés à la reconstruction de l’usine, les fluctuations du cours du bois et la concurrence de la caisse en carton seront fatals à l’entreprise qui sera contrainte de déposer le bilan. Après une courte période de reprise par la SOPAC en 1953, l’usine Delage sera de nouveau pour quelques années entre les mains de René Ducaud-Saumande, puis fermera définitivement. C’est probablement à cette époque que la propriété des bâtiments et des terrains revient à la commune puisqu’en 1963, ils sont loués comme usine-relais à la société Manustock, qui rénove l’usine en 1974 pour développer les activités d'une scierie et d'une fabrique de palettes Le 12 juillet 1989, (acte notarié cité dans le PV du Conseil Municipal du 2/09/89) les terrains seront cédés par la mairie aux établissements Beynel, successeurs de Manustock, qui exploiteront le site jusqu’à ces dernières années avant de réaliser ce qui peut être qualifié de « belle opération immobilière » !  Changement d’affectation des parcelles … …. au bénéfice des Etablissements BEYNEL Le 12 juillet 1989 notre collectivité cédait donc en bloc, aux établissements Beynel, les anciens bâtiments et les d’espaces alentour, soit 3,5 ha entre les deux bourgs. En 2001, la révision du POS changeait la nature de ces parcelles de la Mousseigne en les rendant ...constructibles ! Et ce, sans aucun profit ni contre-partie pour notre commune qui a fait là un (second) cadeau au propriétaire, l’apparition récente de la ZI en bordure de l’A 63, permettant le déménagement de Beynel à proximité de l’échangeur 21. Peu après, le 19 juin 2002, Les Etablissements Beynel rachètent de manière anticipée les créances restantes du crédit-bail d’origine, et en janvier 2004 signent un sous-seing privé avec le groupe Malardeau, à l’exception d’un lot destiné au maintien des bureaux et du siège social de l’entreprise. En avril 2004, « le conseil municipal est officiellement informé duprojet privé» (SO du 27/04/04). En 25 ans, force est de constater qu’aucune anticipation (ni préemption, ni achat…) n’a été organisé par notre collectivité pour prévoir une réserve foncière publique d’envergure sur cet espace central pourtant déclaré « stratégique, dans le but de satisfaire les besoins du plus grand nombre d’habitants!... Un bâtiment du patrimoine …central : La gare de Belin-Béliet. L’aviez vous aperçue ? Sur cet espace, la présence des établissements DELAGE est donc liée aussi à l’existence de l’embranchement ferrovière et de la gare. En effet, la voie ferrée intérêt local (VFIL) entre Facture et Bazas a fonctionné jusqu’en 1981. Comme tous les villages de ce tronçon du Sud-Gironde, Belin-Béliet avait sa gare centrale, au sud du site en question, avec une annexe sur le quartier de Joué (Celle-ci a été réhabilitée en gîte de séjour, propriété communale). La voie ferrée et la gare, placées à la limite des deux villages d’origine, formaient le trait de séparation pour certains et le trait d’union pour d’autres, entre Belin et Béliet. Constituée d’un bâtiment central et de deux ailes cette gare fût cédée à la commune de Belin-Béliet en 1991 par le Conseil général de la Gironde pour le franc symbolique. Il y avait pourtant là un bâtiment public potentiel pour la présence d’un office de tourisme central, un lieu d’accueil vélo sur la piste, et d’un éventuel petit relais culturel* Soucieux de sa conservation (et de sa possible valorisation) des propositions ont été faites par écrit à  la municipalité par des citoyens belinétois. Les « amis du patrimoine » ont interpellé alors M. Le Maire, conseiller général, pour faire acte de propositions, sans succès. La considérant comme trop dangereuse, le Conseil municipal vote aussitôt (moins d’une semaine après cette démarche, la destruction de la gare ! L’interpellation du président du Conseil général, M Madrelle, par les citoyens n’a rien changé à la décision municipale, souveraine. Cette décision hâtive mena donc à la destruction de ce lieu la semaine suivante en une seule et même journée  ! Une mise en sécurité, dans un premier temps, et l’organisation d’un chantier de restauration dans un second temps (par des artisans ou dans le cadre de chantier d’insertion) aurait pu éviter la disparition pure et simple de ce patrimoine local !! (*à l’exemple de ce qui s’est fait à la gare d’Espiet, en Entre-deux-mers) La coulée verte de la Mousseigne ? Une idée vieille de près de 20 ans qui ….ne verra pas le jour ! En effet, à la demande de la commune, une Etude générale de développement et d’aménagement de la commune de BB est réalisée à l’automne 1991, par A. CHARRIER (architecte DPLG) et M. PENA (paysagiste DPLG). |
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